Accueil > S3 > Editorial > Mouvement à l’INSPE de Dijon : des situations inacceptables pour les jeunes (...)

Un collectif d’étudiant·es en Master à l’INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation) de Dijon est mobilisé depuis plusieurs semaines afin d’alerter sur leur situation. Leurs revendications sont partagées par le SNES-FSU, qui les soutient et a d’ores et déjà obtenu une audience avec le Rectorat et avec l’INSPE. Pour le SNES-FSU, le métier d’enseignant s’apprend, et les collègues stagiaires ont besoin d’une formation initiale de qualité dans des conditions sereines.

La récente réforme du CAPES, imposant le passage des épreuves au cours de l’année de M2 se traduit par des situations inacceptables.

Tout d’abord parce que le déplacement du concours en M2 a changé le statut de ces étudiant·es. Alors que la plupart étaient des fonctionnaires stagiaires jusqu’à présent, la réforme va mener à ce que la majorité ait le statut d’étudiant·e jusqu’à la fin de leur master. En lieu et place d’un traitement de fonctionnaires, les étudiant·es stagiaires sont donc confronté·es à un choix :
- ou bien accepter d’être contractuel·le à tiers temps (avec des classes en responsabilité) pour environ 700€ par mois ; une somme basée sur le nombre d’heures effectués devant les élèves niant les heures de préparation, les réunions, les conseils de classe…
- ou mener un « stage d’observation et de pratique accompagnée » (SOPA) tout au long de l’année, imposant leur présence en établissement avec un tuteur ou une tutrice, pour observer, construire et mettre en œuvre des cours. Dans ce cas, le rectorat leur octroie généreusement 126€ par mois... Comme le disent nos futur·es collègues dans cette situation, « ils/elles paient pour travailler/apprendre » puisque cette « gratification » est loin de couvrir leurs frais.

Ainsi, une part importante des étudiant·es se trouve dans l’obligation de mener tout à la fois :
- la préparation du concours, que l’on sait particulièrement lourde et éprouvante (nombreuses heures de cours à l’université, lectures, etc.) ;
- le travail en collège ou lycée deux jours par semaine qui nécessite en outre la concertation avec leur tuteur ou tutrice ;
- la présence aux très nombreuses formations de l’INSPE dont la pertinence n’est pas toujours immédiatement perceptible ;
- la rédaction d’un mémoire dit professionnel qui s’apparente bien souvent à un exercice de style sans grand intérêt ;
- des travaux supplémentaires, sortes de partiels écrits ou oraux, dont les étudiant·es apprennent l’existence au compte-goutte en cours d’année.

Cette somme d’exigences est d’autant plus difficile à supporter que ces mêmes étudiant·es en stage sont confronté·es à des formes de précarité qui elles aussi se superposent  :
- le remboursement des frais de transport, que l’on sait déjà compliqué pour les fonctionnaires titulaires (pensons notamment aux collègues TZR) est pour tout dire inexistant pour des étudiant·es en M2 pas encore fonctionnaires stagiaires. Ils n’ont, du fait de leur statut, pas droit à l’IFF (Indemnité Forfaitaire de Formation) ;
- or le lieu d’exercice des étudiant·es est parfois très éloigné de leur domicile et/ou de l’INSPE. En effet, la tension de plus en plus grande sur les postes (merci Blanquer pour les milliers de suppressions !) et la baisse des indemnités versées aux tuteurs et tutrices (300€ par an pour suivre des "SOPA") rendent très difficile leur affectation dans l’aire urbaine dijonnaise ou à proximité des lignes de train pour des trajets raisonnables.

C’est pourquoi le collectif d’étudiant·es mobilisé·es de l’INSPE Dijon demande :
- la prise en charge de leurs frais de transports ;
- la revalorisation des salaires des étudiant·es contractuel·les ;
- ainsi que la revalorisation des indemnités des SOPA.

Le SNES-FSU Dijon apporte son soutien déterminé à ce mouvement. Tout en respectant l’autonomie de ce collectif, le Snes-Fsu est entré en contact avec ses membres et suit avec intérêt et exigence les réponses que l’administration leur apportera. Le SNES-FSU a d’ores et déjà obtenu une audience avec le rectorat et l’INSPE. Il proposera une rencontre avec ce collectif dans un cadre intersyndical. Il partage les revendications des étudiant·es et rappelle qu’il s’oppose à cette réforme des concours et de l’entrée dans le métier, qui, au lieu de palier les difficultés de recrutement, confirme la précarisation du métier d’enseignant.
Le SNES-FSU affirme que le métier d’enseignant s’apprend et que les collègues stagiaires ont besoin d’une formation initiale de qualité dans des conditions sereines.