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Le bac Blanquer, au mépris de toutes et tous

Communiqué national du SNES du 5 mai 2021

paru le jeudi 6 mai 2021

Des aménagements qui ne répondent pas aux enjeux et aux inquiétudes qui s’expriment. Entre obstination et improvisation, l’agenda politique prime sur toute autre considération

Le ministre de l’Education nationale a annoncé ce soir des aménagements du baccalauréat qui ne répondent en rien aux inquiétudes des personnels. Il confirme ainsi sa volonté de faire primer les enjeux politiques, l’affichage d’une réforme menée à son terme, plutôt que l’écoute des personnels en tenant réellement compte des circonstances exceptionnelles. Aucun mot pour le DNB : encore une fois, la situation du collège est passée sous silence !

Le maintien du Grand oral est incompréhensible. Il ne peut se tenir vu les conditions dans lesquelles il a été préparé, en l’occurrence dans lesquelles il n’a pas été préparé. L’aménagement proposé fait fi des inégalités de préparation qui s’expriment dans toute l’épreuve et qui ne seront pas réglées par un document donnant des indications sur le programme suivi cette année. Le Grand oral apparaît pour ce qu’il est réellement : le totem du bac Blanquer, celui qu’il faut absolument préserver pour attester de la réussite de la réforme.

En philosophie, la perspective de donner la possibilité aux jurys de choisir la meilleure note entre celle de l’épreuve et celle du contrôle continu est d’une grande désinvolture pour le travail des correcteurs et des professeurs ces derniers mois. Elle dévalorise l’épreuve terminale, ouvre la porte à des calculs opportunistes sur la meilleure stratégie à adopter pour les élèves. Elle va aussi conduire à rejouer le chaos du bac 2019 et 2020 où les jurys avaient été amenés à modifier les notes de manière incompréhensible et avaient parfois constaté des pratiques douteuses de construction de la note dans les établissements faute de cadrage du ministère, conduisant à des ruptures d’égalité inédites.

Après des mois d’alerte du Snes-FSU qui n’a cessé de demander que la question des examens soit anticipée, discutée en amont, le ministre a brutalement accéléré le rythme ces derniers jours. Mais la méthode confirme le peu de goût de ce ministre pour le dialogue social : la réunion de concertation du jour vantée par le ministre a tourné en rond, le ministère ne donnant aucun élément concret sur lequel échanger.

Ce soir, plus que jamais le bac Blanquer est synonyme de bac inégalitaire. L’agenda politique l’emporte sur l’état de préparation des élèves et les conditions de passation de l’examen. Entre obstination et improvisation. Comme un symbole, un de plus, de ce quinquennat.